09.12.2009

Mentalgassi, plus que de l'art de rue

02_small.jpgQuand on parle d'Urban Art, on ne veux pas forcément dire graffiti, tag, peinture murale ou toute autre sorte d'oeuvres (ou gribouillis) posées sur les murs des villes. Le terme recouvre non seulement de très nombreuses techniques (cf. article sur le Drucker Festival), mais aussi des conceptions de l'art de rue très différentes. L'Urban Art, c'est avant tout une manière de concevoir l'espace urbain en prenant en compte le mobilier qui le compose, les objets du quotidien qui nous servent de manière pratique (comme une poubelle, une rambarde, un lampadaire) et ceux qui servent le fonctionnement de la ville (comme des goutières, des bouches d'aération...).

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C'est pourquoi l'artiste de Streetart ou d'Urban Art ne se pense pas uniquement comme un décorateur, un embelliseur de la ville grise. Il n'est pas peintre en bâtiment et n'est pas là pour imposer son goût de la couleur ou du dessin, les goûts se définissant selon chaque sensibilité. Il propose bien souvent une adaptation de la ville selon des formes qui ne nous étaient pas apparues au premier abord. Il fait ressortir avec humour, style ou dérision, des motifs cachés sous le regard de l'habitude, des formes présentes mais devenues invisibles dans la masse de l'urbanisme, et révèle plus qu'il ne recouvre de peinture. C'est le principe du dévoilement.

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En voici un très bon exemple avec le collectif berlinois Mentalgassi, dont le nom à lui seul est l'énonciation d'un programme : des formes mentales qui n'apparaissent que par l'imaginaire de leurs installations loufoques, oniriques ou romantiques.

Jonasselber.jpgJ'aime l'absence de signature visuelle, de style personnel lié à la patte d'un graphiste, d'un seul concepteur. J'apprécie leur humour et leur sens de la transformation d'objets usuels sans en perturber la fonction pratique. Je leur reconnais beaucoup d'imagination et une volonté évidente d'offrir un regard nouveau sur des rues banales sans jamais risquer de provoquer par une mise en scène aggressive (par exemple, les transformations d'objets comme un container à bouteilles recouverte du portrait d'un vieil homme, ou les oblitérateurs de tickets de métro). Sur leur site, on peut suivre l'évolution de projets au départ assez proches du monde du graff (avec des stickers géants) jusqu'à de véritables installations conceptuelles éphémères (cf la série des "Public Intimacy" avec la cabine de téléphone-douche, le pose-vélo-lit, le wagon de métro-salon).

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Mentalgassi pense la ville en allant dans son sens, sans jamais la dégrader. Il n'y a rien de salissant dans leurs oeuvres, rien qui fassent dire que des voyous ont abîmé du mobilier urbain. Merci d'embellir nos rues et de nous donner envie de sourire...

Copyright des photos : www.mentalgassi.blogspot.com

16:32 Publié dans Berlin | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : streetart, urban art, art

02.05.2009

1er mai : Krawall et musique techno

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Hier, c'était le 1er mai à Berlin. Oui je sais, le 1er mai c'est partout en même temps. Mais à Berlin, c'est pas pareil. J'ai rencontré une allemande dans la manif' qui déménage dans 4 mois pour Londres où elle a trouvé un job de géologue, et qui me dit : "Ah non vraiment, je suis super triste, c'est mon dernier 1er mai." Entendez : c'est mon dernier 1er mai berlinois...
Permettez-moi de vous faire les présentations : le 1er mai en Allemagne est férié, comme en France, et est une fête du travail, tout pareil. Les gens descendent dans la rue pour manifester derrière les syndicats, les associations etc. Jusque là rien d'anormal. Tout comme en France, l'extrême droite a investi ce jour pour en faire un symbole, et là où les Lepenistes se réunissent à Paris devant la statue de Jeanne d'Arc près du Louvre, les Allemands du NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, parti d'extrême droite) notamment, ne sont pas en reste. Mais ici, quand on parle d'extrême droite, tout prend tout de suite des proportions différentes : les fascistes, les néo-nazis, le mot est lâché sans complexe avec beaucoup de violence autour. Petit à petit, le 1er mai est donc devenu LE symbole de la résistance au fascisme, et donc, LE jour des punks, des radicaux de gauches et des anarchistes anti-capitalistes. Les slogans "Antifascista" et "Nazis Raus !" (les nazis dehors) fleurissent partout sur les murs et les T-shirts, noirs, de préférence.
L'année dernière, j'avais bien vu le 1er mai depuis mon quartier, Prenzlauer Berg : dans Mauerpark, il y avait bien plein de punks et de manifestants anti-capitalistes, mais c'était plutôt bon enfant. Il se trouve que je vis avec un militant d'extrême gauche, mon coloc, Christoph, qui me raconte toujours pleins d'histoires d'émeutes et de protestations contre le G8 ou de free party punks. Alors il s'est dit que cette année, je devais faire mon baptème de "Krawall" (la baston, la bagarre). Et voilà comment je me suis retrouvée carrément en première ligne face à une armée de policiers en combi robocop dans un nuage de fumée lacrymogène. "Cours et ne lâche pas ma main !" résume à peu près nos échanges entre 19h et 22h hier soir. Déjà quand on a quitté l'appart hier vers 12h pour aller sur Unter der Linden, il m'a fait mettre des baskettes à la place des tongs que j'avais innocemment chaussées, pensant profiter du beau soleil. "Tu te rends pas encore bien compte je crois" qu'il me lance.

La première partie de la journée se passe très bien, dans la bonne humeur et le calme, entre slogans anti-mondialisation et participants souriants plein de couleurs et de pancartes marrantes, au rythme d'une très forte musique électro (tout se fait au son de l'électro à Berlin). En fait, c'est plutôt l'atmosphère d'une techno-parade que d'une véritable manifestation. Je remarque surprise qu'il y a très peu de policiers sur le parcours. Ils sont bien cachés et assez détendus. Ils n'ont pas encore l'air d'avoir revêtu une véritable armure de 30 kilos, ils sont têtes nues et parlent entre eux, tranquillement. On marche pendant plusieurs heures dans toute la ville, direction Kreuzberg. Il y a des familles avec de très jeunes enfants. Devant le ministère des Finances, premier coup d'éclat : des manifestants ont balancé des bombes de peinture sur la façade. Le résultat est plutôt sympathique si on prend en compte l'apparence triste et grise de ce bâtiment communiste : de petites tâches colorées agayent désormais ses formes géométriques minimalistes. Arrivé à Moritzplatz, le cortège s'arrête pour ne plus repartir. Sur la pelouse, les participants entâment une fête électro sympathique. Les pancartes sont posées au sol. Pas un flic en vue. Christoph et ses amis, étrangement moins colorés que le reste de la foule, moins détendus, m'invitent (me forcent ?) à la vraie manifestation à quelques rues de là : "Es geht richtig los" (maintenant on y est). Coup de bol, je porte un pull noir à capuche. "Met ta capuche sur la tête." "Mais il fait chaud !" "Fais ce que je te dis..." Soudain, sans que je me sois rendue compte de rien, je suis au milieu d'une foule immense de jeunes tous habillés en noir et de punks, visages couverts de bandeaus et lunettes de soleil : de parfaits militants anonymes. Il faut savoir qu'à l'image de la proposition faite en France d'interdire le port des capuches dans les manifs (j'ai entendu parlé d'un truc dans ce genre), les masques sont déjà interdits en Allemagne pour les manifestants. Interdiction...non respectée bien-sûr. Voilà la fameuse manif anti-nazie du 1er mai, la vraie qui finit toujours mal, comme une tradition festive obligée et attendue. Le plus étonnant, c'est l'omniprésence des appareils photos et des caméras : les manifestants shootent à tout va, les journalistes avec leurs casques marqués d'un gros "PRESSE" ainsi que les policiers, très différents de ceux que j'avais vu avant. En noir ou en vert, énormes sous leurs armures et leurs casques, avec des numéros inscrits à l'arrière de la tête. Info importante : "Méfie-toi des 22 et 23, ce sont les plus agressifs". Bon à savoir. Chaque mouvement, chaque cri est filmé par la police. Dans chaque groupe de l'équivalent des CRS, au milieu de la foule, qui avance en formation ronde pour voir de tous les côtés, il y en a toujours un avec une caméra numérique, petite et légère au bout d'un grand baton pour pouvoir la porter au-dessus des têtes et filmer loin. Même si on n'a rien à se reprocher, ça ne fait pas vraiment plaisir d'être filmé. Alors on s'enfonce encore un peu plus dans sa capuche, comme un réflexe. Sur les toits, quelques silhouettes sombres se dessinent sur le ciel qui s'assombrit lentement : des tireurs embusqués ? Non, des caméramen de la police qui n'en perdent pas une miette.
Et puis ça commence : la manif s'arrête, la bagarre commence. Ca court dans tous les sens, les bouteilles de bière volent dans le ciel et les yeux piquent : les lacrymo sont lâchées. Je tousse d'un seul coup très fort, et en moins d'une minute, au moins cinq types masqués se jettent sur moi pour me proposer de l'eau, du coca, des mouchoirs. "Hey ! Ici apporte de l'eau la demoiselle a pris du jus !" Solidarité hyper efficace je dois dire, je suis surprise. Christoph et Markus veulent absolument aller devant : c'est un jeu. Un coup en avant, un coup en arrière, j'entends des rires autour de moi. Les gens sont contents. Et je me rends compte que je ne me sens pas du tout en danger : autour de moi des familles avec des gamins !!! Mais que font-ils là ? En réalité, tout ça n'est qu'un théâtre, c'est impressionnant mais pas vraiment dangereux. Une fois que tu as pigé le sens de la foule, le mouvement, il est très facile de se coller dans un coin de rue et de regarder passivement les événements comme dans un film. On me donne quand même un numéro : "Si quelqu'un est pris par la police, tu appelles le 69 22222", un numéro d'urgence pour trouver un avocat. Ah, euh...ouais, d'accord je note. Une fois encore je me mets à courir : une ligne de policiers chargent, à moins de 10 mètres derrière mes fesses. A ce moment précis sonne mon téléphone. Pourquoi ai-je répondu ? Aucune idée ! "Pas maintenant ! C'est pas le moment, là ! J'te rappelle !" C'est exactement l'atmosphère, entre course-poursuite et sortie entre potes.

Aujourd'hui, les infos rapportent des événements extrêmement violents, des confrontations brutales et de nombreuses agressions pendant cette soirée du 1er mai 2009, une des plus violentes depuis plusieurs années. Honnêtement, j'ai beaucoup de mal à y croire. Tout ça m'a semblé très bien rôdé des deux côtés, police et manifestants, et relativement sous contrôle. Comme le dit mon coloc, c'est plus une tradition qu'une véritable action. Il a trouvé ça un peu chiant lui...et très gentil.  

Voici quelques photos du Spiegel Online : remarquez la présence de nombreuses femmes parmis les membres de la police en première ligne ! Ce n'est pas le cas parmis les CRS...

Toutes les photos Spiegel Online

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29.04.2009

Berlinois ? Moi ?

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Ca faisait un moment que j'y pensais mais je me disais que c'était un peu stupide. Et puis finalement j'ai décidé d'assumer ma part de futilité et de présenter ce récapitulatif du parfait petit expat à Berlin. En fait, j'ai trouvé cette liste sur le site des Lapins Techno, et je dois avouer que je me suis tordue de rire : non seulement c'est drôle, mais en plus c'est d'une précision redoutable ! J'adhère à pratiquement toutes les propositions, c'est vraiment du vécu. Sauf qu'il n'y a rien à faire, je n'aime toujours pas les Käsespätzle...

550.jpgTu sais que tu es un vrai Berlinois quand...

- Tu es artiste ou tu voudrais le devenir

- Tu es déjà allé en pèlerinage devant l’immeuble de Bowie et tu t’es dit « mouaif »

- Tu t’es déjà retrouvé dans un sauna, tout penaud en maillot de bain face à dix Allemands tout nus

- C’est décidé, cette année tu écris ton livre / finis ton album / deviens Veejay

- Toi aussi tu trouves que les policiers Allemands ressemblent à des gardes forestiers

- Tu as déjà attendu 4 heures dans la salle d’attente d’une administration (Bürgeramt, Arbeitsamt…)

- Tu ressens une sorte de supériorité naturelle sur les touristes alors qu’il y a un an tu ne savais pas prononcer Strasse

- Il t’arrive de devoir marcher 30 minutes pour pouvoir retirer de l’argent

- Il t’arrive de boire des Latte Macchiato en bidouillant ton laptop

- La seule compagnie aérienne que tu connaisses s’appelle Easy Jet

- Tes meubles viennent soit de Ikea soit du Flohmarkt

- Tu n’écoutes que ton iPod mais tu t’es acheté une platine vinyle pour te la raconter chez le disquaire

- Tu t’es déjà senti l’âme d’un révolutionnaire en regardant de loin les échauffourées du 1er Mai

- Dépenser plus de 400 € par mois dans un loyer te semble surréaliste

- On t’a déjà proposé de travailler à l’œil 40 heures par semaine parce que, tu comprends, « ce sera une expérience super enrichissante pour toi »

- Tu as un petit Bierbauch et tu en es fier

- Tu regrettes le slogan « Arm aber sexy »

- Tu n’oses pas aller chez le coiffeur parce que tu ne sais pas quelle tête tu auras en sortant

- Tous tes amis veulent venir te voir et ta cote de popularité en France a fortement augmenté depuis que tu vis à Berlin

- Tu ne te poses pas la question de savoir comment tu es habillé quand tu sors en club

- Tu passes huit mois de l’année à attendre l’été

- Tu es pauvre mais tu le vis bien

- Il t’arrive de ne pas voir la lumière du jour le weekend

- L’été, tu sors tes tongs, ton barbecue et ta serviette de plage pour aller au parc

- Tu ne comprends toujours pas ce qui fait rire les Allemands

- Tu as peur de sortir le 31 décembre

- Pour toi, un café à 2€, c’est proprement scandaleux

- Tu as déjà porté des rayures avec des poids et les coiffures asymétriques ne te font pas peur

- Toi aussi tu as déjà marché pendant 45 minutes en disant « mais regarde, c’est juste à côté, on voit la Fernsehturm ! »

- Tu as toujours un Zitty qui traîne dans les toilettes

- Tu ne prends jamais ton Frühstück avant 14h

- Tu es devenu un cycliste professionnel

- Tu as appris qu’on ne jette jamais sa bière à la poubelle

- Le weekend, tu n’as jamais peur de rater le dernier métro

- Tu n’aime pas la Porte de Brandebourg mais voues un culte à la Fernsehturm

- Tu commences seulement à comprendre le tracé du mur

- Tu détestes Mitte mais tu vas quand même à l’Adidas Store

- Tu ne prends le S-Bahn que quand tes parents viennent à Berlin

- Tu détestes les Français de Berlin, d’ailleurs, eux aussi te détestent

- Tu pestes après la BVG quand tu dois attendre le U-Bahn 18 minutes le dimanche

- Les parfums de la Bionade n’ont plus de secret pour toi (tu sais ce que veulent dire Hollunder et Ingwer)

- Tu attends avec impatience le retour de Bambam Papadam sur les bords du canal

- Tu bois de la Flens, la bière qui fait Plop’

- Tu t’es fait une raison et finalement tu adores les Käsespätzle et autres Boulette

- Tu essaies de convaincre tes parents de la beauté de Kreuzberg, Prenzlauer Berg, Friedrichshain, mais rien n’y fait, ils préfèrent Hackescher Markt et Savigny Platz

- Tu n’es jamais sorti de Berlin à part pour aller à Ostsee

- Tu t’es déjà fait contrôler dans le métro par un mec avec une chemise à fleurs

- Tu n’es plus au courant de ce qui se passe en France mais tu n’es pas non plus au courant de ce qui se passe en Allemagne

- Parfois tu regardes le Zapping et te dis que jamais tu ne remettras les pieds en France

- Pour toi, Berlin ce n’est pas l’Allemagne (d’ailleurs, tu ne parles pas/mal Allemand)

- Tu déteste la minimale mais tu danses quand même dessus en hurlant à tes amis « trop cool ce DJ !!! »

- Tu sais qu’ici, on ne vend pas de roses dans les bars mais des briquets et des sandwichs et tu te dis qu’ils ont tout compris

- Ça ne te fait pas peur de manger une Currywurst à 5h du matin

- Pour toi, le Möbel Olfe n’est pas un magasin de meuble, le Watergate n’a rien a voir avec l’affaire Nixon et tu ne vas pas au Panorama pour son point de vue

- Toi aussi tu as pris l’habitude d’attendre au feu rouge. Il t’arrive parfois de te révolter et de braver l’interdit mais tu te fais sévèrement réprimander

- Jamais, au grand jamais, tu ne marches sur la piste cyclable

- Tu connais par cœur la vie de Knut et ses problèmes de famille

- Tu as donné un nom à ton vélo

- Maintenant, il ne te faut plus que 5 minutes pour calculer le pourboire que tu dois laisser dans les bars

- Tu donnes volontiers des petits noms aux quartiers (Kotti, Boxi, Alex, Zoo…). Par contre, tu ne dis jamais X-Berg ou Prenz’Berg

- Tu adores Schlesisches Strasse mais tu as renoncé à prononcer ce nom

- Toi aussi tu trouves que Berlin c’est trop surfait en fait

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17.04.2009

Der Goldhase et autres pâqueries

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Ce week-end, c'était Pâques. Peut-être avez-vous échappé à l'invasion de pubs pour les oeufs en chocolat géants avec surprise à l'intérieur et autre arrivage massif de cloches sur vos écrans lumineux ou dans les supermarchés. Il se trouve que Pâques ici, ça a une autre envergure que par chez nous, en France. Petit rappel des faits...

Depuis quelques semaines, on sentait comme une agitation fébrile. Un air de fête, un goût de vacances et une joie toute enfantine flottaient parmi les premiers rayons de soleil de ce mois d'avril. Parce que attention ! Ici on ne badine pas avec Pâques : c'est du sérieux. Tu m'étonnes, avec non pas 1 mais bien 2 jours fériés, ils peuvent être contents les Allemands. Et oui, s'ils n'ont pas bossé lundi (de Pâques) comme en France, ils ont aussi goûté les joies du vendredi férié (Vendredi Saint), ce qui leur a permi de s'offrir un week-end de quatre jours à glandouiller sur la pelouse... Voilà, vous n'aviez qu'à déménager comme moi dans un pays majoritairement protestant, na !
Pâques en Allemagne, c'est pratiquement aussi important que Noël. Même quand on n'est pas catholique, on prend soin de faire un truc en famille le 24 décembre au soir, une méga bouffe avec échange de cadeaux, c'est quasiment obligatoire. Le week-end de Pâques en Allemagne, tout le monde s'offre du chocolat, tout le monde s'envoie des mails pour se souhaiter "Frohe Ostern !". Depuis quelques semaines, j'avais remarqué surprise qu'on me demandait souvent ce que je comptais faire pour Pâques. "Bah...rien. Pourquoi, il faut que je fasse un truc ?" Oui. Rentrer dans sa famille pour le repas traditionnel, partir en week-end avec des tonnes d'amis (j'ai déjà évoqué le fait que les Allemands ont une tendance grégaire à ne rien faire seuls, genre aller boire un café tout seul dans un bistrot, passer un samedi soir tout seul à la maison...inconcevable !), et avec deux jours fériés, c'est sûr ça valait le coup d'en profiter.
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En France, on a les cloches. Ici, pas l'ombre du début d'un gong. Le symbole de Pâques, c'est un petit lapin. C'est lui qui vient cacher les oeufs en chocolat dans les jardins pour les enfants. Il est tellement connu qu'il se décline sous toutes les formes en chocolat. Pratiquement tous les magasins, les bars, les administrations ont leur petit lapin en chocolat posé sur un bureau ou un comptoir. Celui de Lindt & Sprüngli (Lindt pour les intimes et les Français) est devenu si célèbre avec son ruban rouge et son emballage doré qu'il est même entré au Musée du Chocolat de Cologne. Il y a même droit à une effigie de 8 mêtres de haut ! En tant que passionnée des musées, je me devais de transmettre cette info essentielle...lindt_hase.jpg
A côté du lapin doré, on trouve partout dans la ville de petits oeufs en plastique de toutes les couleurs accrochés aux branches des arbustes et des buissons. Encore un motif d'étonnement : en France, et particulièrement à Paris, ces oeufs ne tiendraient pas une heure avant d'être volés. Au coeur de Berlin, on en trouve partout, à portée de main. Personne ne les prend, tout le monde respecte la propriété publique et le plaisir commun de cette décoration traditionnelle plus charmante que vraiment esthétique. 2360447946_cb027f591d.jpgLorsque j'ai annoncé que je n'avais jamais décoré d'oeufs étant petite, j'ai reçu une série de recettes, de trucs et d'astuces plus variés les uns que les autres afin de faire de jolis oeufs arc en ciel avec impressions rigolotes ou décalées. J'ai senti comme une urgence dans les yeux de ceux qui me donnaient ces conseils à rattraper un manque sans doute lié à beaucoup de lacunes affectives dans mon enfance. Non vraiment, c'est pas envisageable de ne pas connaître cette expérience là !

Pour finir, je dirais juste que comme je suis très pragmatique, j'ai choisi le long week-end de Pâques pour me coincer un nerf de la colonne vertébrale et passer mon samedi entier aux urgences de l'hôpital de Friedrichshain. Bah oui, tant qu'à se faire bien mal, autant être sûr que se soit un jour férié ou un week-end prolongé, hein, sinon c'est pas drôle. Et bien-sûr, je n'étais pas la seule à avoir eu cette idée charmante. Je peux de nouveau marcher, ça c'est chouette. Mais au bout de 10 minutes à environ 1 km/h, j'ai absolument besoin d'une chaise et de trois heures de sieste. Miiiiiiiince, j'ai raté la chasse aux oeufs ! Ah non vraiment, je m'en réjouissais tellement... Ceci dit j'ai reçu du chocolat Milka bien kitsch en forme de coeur. Désolée...y'en a plus...

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A l'année prochaine !

21:12 Publié dans Berlin | Commentaires (1) | Envoyer cette note

03.04.2009

Les murs de Berlin : Sprühdosez-vous !

blurosa.jpgC’est pas vraiment une découverte : les murs de Berlin sont recouverts de graffitis qui contrastent avec la grisaille de la ville. La particularité ici, c’est qu’ils fleurissent là où on ne les attend pas (sur les poubelles, les boîtes aux lettres, les murs des baraques à Curry-Wurst…) et dans des proportions qui rangent les vulgaires tags « Fuck la P… » au rang d’un amateurisme primaire. Il suffit pour s’en convaincre d’admirer le travail géant de Blu à côté de l'Oberbaumbrücke ou du même avec JR dans la Cuvrystrasse (qui a d'ailleurs été retouché par ses auteurs il y a quelques temps, rendant la photo ci-dessous caduque. Maintenant les deux personnages portent des lunettes !) Et bien-sûr, puisque c’est Berlin et pas ailleurs, les artistes du Street Art ou Urban Art n’ont pas attendu pour créer un réseau dense de lieux d’expositions tous dévolus à ce phénomène, aussi bien physiquement dans des galeries que virtuellement dans une multitude de sites web ultra spécialisés et passionnants ! A la frontière des cultures graff, BD et pochoirs, les œuvres présentées par les galeries ATM, Circleculture, Neurotitan, Superplan ou encore Supalife font la part belle à l’idée reçue que l’art en galeries s’oppose à l’art de rue. A découvrir aussi, le Stickers Museum dans Friedrichshain où une bande de doux-dingues laisse exploser sa passion des autocollants…c'est surprenant !

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Pour approfondir le sujet, des plateformes comme Art Bastard ou encore des blogs comme celui du Tageszeitung ou le fameux Reclaim Your City ainsi que les photos d'Ekosystem ou de l'immense collec du très classique Berlinbilder vous indiqueront toutes les perles à découvrir absolument.

Si vous n’en avez pas encore assez, offrez-vous la visite spéciale «Alternative Berlin» dédiée à la mythique underground scene, si elle existe encore…

Et puis parce que j'aime les artistes, deux à découvrir là, comme ça... Faith47 et Mymonsterworld.

Les deux images : ©Blu. Cliquer dessus pour les agrandir.

04.12.2008

Normand Rital ?

Parce que j’adore me moquer des Allemands, parce qu’ils m’amusent et m’exaspèrent avec leurs habitudes précises et leur sens de la logique, parce que plus je vis ici et plus je me sens italienne (légère influence de ma nouvelle coloc italienne qui nous a fait des pâtes carbonara sans crème (!) mais avec une tonne de fromage), voici un post qui leur est entièrement dédié.

Les arts de la table : connaissent pas ! Manger revient à se nourrir, et même si j’exagère un poil, c’est fascinant de voir la différence ! Hier soir donc, menu rital directement importé de l’extrême sud de l’Italie par les bons soins d’Anna. Les deux gonzesses, nous, on s’est bâfré nos plâtrées jusqu’à la dernière Linguine (s’il vous plaît, je vous ai dit qu’Anna est une vraie Italienne, ELLE ne cuisine pas des Spaguetti, non mais !) et après s’être envoyé la bouteille de vin rouge quasiment à nous deux, on s’en est remis une couche de fromage italien, un Caciocavallo, et même deux trois morceaux de saucisson de Bari…pendant que Robert, originaire de Magdeburg (Sachsen-Anhalt) s’effondrait assailli par le contre-coup de son estomac à la moitié de son assiette. Mais je croyais que les hommes mangeaient plus que les nénettes ? Son explication : « Bah j’ai plus faim… » Rhaaa, mais ça n’a rien à voir avec la faim voyons ! Quel manque de subtilité quand même ! Nous aussi on était satt, mais on fait honneur à la table…et sans se forcer.

La culture café : des cafés à Berlin, comme partout en Allemagne, y’en a plein, c’est pas le problème. Mais à chaque fois que j’ai envie d’aller lire un journal devant un expresso le matin avant de commencer la journée, je me cogne le nez contre des portes fermées, désespérément cadenassées jusqu’à environ 11h ou midi. Bah oui, franchement, qui va boire son café du matin au comptoir du bar en bas de son immeuble ? Bah, les Français, à qui ça manque parfois cruellement. Pour un Allemand, entrer dans un café signifie obligatoirement 1) être avec une tripotée de potes, 2) avoir fini sa journée de boulot et n’avoir plus rien à penser, 3) y rester minimum trois heures confortablement assis sur des fauteuils rembourrés ou des canapés dans une ambiance relax. L’expresso vite fait entre deux ou ingurgité en moins de 10 minutes le matin avant de sauter dans le métro, existe pas ! C’est d’ailleurs après un certain temps et un petit peu d’expérience que j’ai compris pourquoi c’était si long d’être servi dans les cafés allemands : « ça va on n’est pas aux pièces ! » qu’ils te diraient. Si tu entres dans un café, c’est bien que tu veux t’y poser un moment, non ? Ah excusez-moi, je croyais que dans « expresso » y’avait l’idée de rapide, mais j’ai dû mal comprendre. Alors le coup du café moins cher quand tu es debout au bar que quand tu t’asseois en salle, non seulement ça leur fait faire les yeux ronds, mais en plus ils n’arrivent pas à percevoir l’intérêt : « Complètement cons les Parisiens ! Jamais je paierai si je suis pas confortablement assis » qu’on m’a répondu. Et pourtant, c’est tout le paradoxe incompréhensible du truc, c’est qu’ils sont fans de « Café to go », à l’américaine, le truc que je déteste par dessus tout ! Ils achètent dans les boulangeries une tasse en carton de café filtre (pas bon), genre Starbuck Café, qu’ils avalent dans le métro, en marchant dans la rue, dans le tram, et même en faisant les courses ! Non alors là vraiment, on n’est pas fait pareil : moi si je bois, même très vite et debout au comptoir, je ne fais que ça, je savoure, je suis concentrée sur mon café, non mais un peu de respect ! D’ailleurs c’est une chose frappante quand on débarque en Allemagne (et tous ceux qui ont eu le courage de venir me rendre visite en ont témoigné) : les Allemands sont toujours en train de manger ou boire quelque chose dans la rue, en marchant, partout, tout le temps. Le samedi soir, c’est le choc : une personne sur deux à une bouteille de bière ouverte et entamée dans la main, à l’extérieur, dans la rue. C’est normal. Imaginez-vous avec votre Kro sur la Ligne 4 entre Châtelet et Montparnasse : bonjour l’affiche vieil alcoolo…

L’esprit pratique : une obsession de la logique. Non, les Allemands n’ont rien de militaire, de rigoureux ou d’autoritaire. Ils ont le sens pratique ! « Mais pourquoi tu roules en dehors de la piste cyclable puisqu’elle est là, elle est faite exprès pour ça, enfin merde, t’aimes te compliquer la vie ou quoi ? » euh…je l’avais pas vue et en fait je m’intéresse plus au paysage qu’à la piste cyclable, mais pardon hein…Ce n’est pas rare de s’entendre dire dans la rue sur un ton fort déplaisant : « Fußweg ! » (chemin pour piétons) lorsque vous roulez sur le trottoir (même s’il fait 4 mètres de large) ou l’inverse « Fahrradweg, grrrrrrr ! » (pour les vélos) quand vous êtes à pieds sur une piste cyclable. Tout le monde dans sa zone et les cochons seront bien gardés. Ou mieux encore : une fois que je m’approchais en vélo d’un piéton qui visiblement ne m’avait pas vue, et alors que je ralentissais prudemment, je me suis faite remarquer par l’intéressé que j’aurais pu le klaxonner, c’était la moindre des choses ! C’est marrant à Paris, on m’aurait traitée de « connasse » je crois si j’avais klaxonné…J’ai eu le malheur de servir un café dans un verre une fois, et mon invité s’est levé discrètement avec un air embarrassé pour chercher un mug, une tasse à café quoi, afin de transvaser le liquide, parce que non, un verre c’est pas fait pour ça, c’est pas « pratique ». Et je ne vous raconte pas l’effroi que je provoque lorsque je mets les deux anses de ma besace africaine sur mes épaules (alors que c’est pas fait pour être porté comme ça) pour faire du vélo : « Mais enfin t’as pas assez d’argent pour t’acheter un sac à dos, un vrai ? » C’est bon, je sais ce que je vais avoir pour Noël…

Ceci-dit, c’est en me moquant que je découvre mes propres tares, et notamment mon manque rigoureux d’organisation comme un défi lancé à la logique même. Y’a pas plus branché à Berlin en ce moment que de combattre sa nature profonde d’Allemand et d’avoir l’air de se moquer de tout comme les Français. Ils n’ont pas pigé qu’on est seulement beaucoup plus fainéants et bien moins courageux au quotidien pour les détails qui au fond, finissent moi par me ravirent.

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24.11.2008

La "Klapperschlange"

Octobre à Berlin, c’est la grande période des nouveaux froids, des premiers vents glaçants (cf. Le Föhn), des rhumes qu’on se refile entre potes, des premiers gâteaux au pain d’épices, et des foires d’art contemporain. Le dernier week-end du mois, tout aficionados de culture qui se respecte va forcément faire un tour au Art Forum, au Preview Berlin, à la Berliner Liste ou dans les nombreuses autres expos satellites qui se multiplient aux quatre coins de la ville.

C’est non seulement l’occasion rêvée de découvrir plein d’artistes dont on n’avait jamais entendu parlé auparavant, d’entendre des noms de galeries hyper importantes de la mort qui tue genre : « Quoi comment ??? Tu ne connais pas Heider&Berger&Sharp de Frankfurt/Main ? Mais enfin ils sont en pleine expansion on les voit partout tout le monde ne parle que de ça ! », mais c’est aussi le moment de s’émerveiller comme des mômes devant des images à vous couper le souffle, plus ou moins intelligentes d’ailleurs, ou tirant sur le mauvais goût, la facilité, l’esthétisme à deux balles ou la provocation gratuite pour faire le buzz (cf. Oleg Kulik à la dernière FIAC de Paris, « Quoi ??? Vous n’avez pas entendu parler de l’énorme scandale des photos zoophiles de Kulik à la FIAC de Paris qui ont été retirées de l’expo par intervention de police ??? » (hum…excusez-moi…)

Moi, ce que je retiens surtout de mes visites intensives des foires d’art contemporain 2008 (par un fait linguistique étrange, « foire » en allemand se dit « Messe », révélant ainsi l’étrange sous-entendu selon lequel il ne s’agit en fait que de grands cirques mystico-libéraux…), c’est une petite installation d’une artiste nommée Steffi Stangl (groupe « Terra Nullius », Berliner Kunstsalon) dans laquelle elle joue avec un objet qui depuis me fascine, la « Klapperschlange ».

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Bien connu des Allemands (à chaque fois par la suite que j’ai demandé, tout le monde avait l’air de trouver ça parfaitement normal), ce petit jouet en bois est constitué de plusieurs plaquettes colorées reliées entre elles par un savant maillage de fils en tissu qui dégringolent en faisant un bruit de claquement : « klapp, klapp, klapp » (en français « clap, clap, clap » [oui je traduis, on sait jamais…]). klapperschlange_3.jpg

Je m’en suis procurée une aujourd’hui même, et je viens de passer toute la soirée à observer fascinée son mouvement régulier et incompréhensible…Malheureusement, je n’ai pu trouver aucune vidéo pour vous en faire profiter ! Sachez seulement que ça m’obsède, et que je viens de trouver le cadeau de Noël de tout le monde cette année : allez zou ! tout le monde aura le même, pas de jaloux !


J’aimerais bien savoir si vous connaissiez déjà ce petit bout de bois tout bête qui est en passe de devenir ma cigarette du matin, mon café du midi et mon livre de chevet du soir ! J’attends vos réponses.

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Comme quoi l’art, c’est un vrai jeu d’enfant…

 

 

PS : Cliquez sur les images pour les agrandir.

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19.11.2008

Le Föhn (dans ton …)

C’est l’hiver. Bien que n’ayant pas suivi récemment la météo française, je ne doute pas que vous l’ayez aussi remarqué. L’Allemagne, c’est pas la Sibérie, faut pas exagérer. Ceci dit, une des premières choses m’ayant particulièrement frappée à mon arrivée ici, ce sont les étranges notes météorologiques, indiquant toujours deux températures bien distinctes. La première, température réelle en extérieur. La seconde, température ressentie jusqu’au fond de ton pull-over doudoune moumoutée triple épaisseur, en général de 5 à 10 °C de moins que la première ! Ca commence à faire une sacrée différence. Et la faute à qui hein ? Au Föhn, naturellement. Ah le Föhn, mot que je ne pourrais pas vraiment traduire mais qui désigne un vent venu des Alpes, qui serait responsable, selon de tenaces croyances populaires, de toutes les affections quotidiennes, de la plus anecdotique à la plus grave. Le Föhn donne des migraines, il fait rater la cuisson des Bretzels, fait perdre ton équipe de foot aux matchs importants…hum, mais il rend aussi fou et augmenterait le nombre de suicides lorsqu’il est particulièrement puissant ! Tout ça bien-entendu ne sont que pures allégations diffamatoires envers un vent qui, renseignements pris, devrait normalement réchauffer l’atmosphère et non la refroidir comme par-ici à chaque fois que tu tournes au coin d’une rue et qu’un souffle amer vient te déchiqueter littéralement le bout des oreilles. En sept ans à Paris, je n’ai jamais porté une seule fois de couvre-chef. Ici, je n’ai pas mis le nez dehors sans mon bonnet en laine depuis déjà presque trois mois…

Mais le pire de tout, je crois que c’est le manque de lumière ! A 16h, il fait déjà extrêmement sombre, à 16h30, nuit. Et toute la journée se passe dans l’ombre d’un cache collé au-dessus de nos têtes. Résultat en ce moment, quand arrive 18h, tout le monde est déjà en mode ralenti et tu n’as qu’une envie, rentrer dare-dare te pieuter le plus vite possible. Donc, tu ne fais plus rien. Après le boulot, tout le monde (en tout cas dans mon entourage) s’écroule avec les poules et se plaint qu’on est devenu trop vieux, qu’on ne fait plus de concerts, qu’on ne va plus au ciné, bref qu’on est lent et mou du genou. Ma nouvelle coloc, Anna, une Italienne, n’en revient toujours pas de dîner direct en rentrant du taff et d’être en pyjama à 20h30. Elle vient de la côte en face de la Sicile, alors oui, ça lui fait tout drôle.

Je vous laisse savourer ici les preuves de ce que j’avance avec une comparaison Berlin-Paris en direct, à déguster bien glacé ! (extraits pris aujourd’hui, vous pouvez consulter la date).

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Mais je n’aurais pas voulu finir cette note sans une preuve de mon immense courage et de mon indécente vivacité, quand bien même je traîne un rhume carabiné depuis 4 jours et j’ai déjà vidé tous les rouleaux de papiers toilettes de la coloc (au désespoir des mes cohabitants) : ce soir, n’écoutant que mon courage (et mon autoconviction que je ne suis pas encore complètement croulante), je vais me rendre telle une ado fan et enthousiaste au concert de Dirty Pretty Things à la Postbahnhof, près de Ostbahnhof (cherchez pas, y’a rien à comprendre…) Je vous laisse saliver d’envie…

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