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26.10.2009
L'ombre du 9 novembre
Bientôt novembre 2009. A Berlin, c'est l'effervescence. Plus une place dans un hôtel, plus un billet d'avion : tout le monde veut être là pour ce qui s'annonce comme la plus grosse célébration de la décennie. Une photographe que j'ai interviewée la semaine dernière (je vais mettre l'interview en ligne prochaînement) me disait que la demande pour des photos d'archives sur la Chute du Mur était énorme en ce moment, avant qu'on oublie à nouveau ces images au fond des tiroirs jusqu'à la prochaine fois. 9/11/89 - 9/11/09 : jusqu'à l'obsession. On ne voit que ça, on entend parler que de ça. Sur Facebook, il y a déjà un groupe créé pour l'organisation d'un Flash-Mob le 9 novembre, une chaîne humaine de plusieurs kilomètres retraçant le dessin du Mur. Mouais...
Bref, l'art n'est pas en reste. Je vais vous proposer d'ici à novembre une série de commentaires sur l'innombrable foule d'expositions qui ont lieu à Berlin sur ce thème, avec de très bonnes surprises...et quelques grosses déceptions.
La première exposition dont je parlerai se tient jusqu'au 10 janvier 2010 au Deutsches Historisches Museum sur Unter den Linden : Kunst und kalter Krieg, Positionen 1945-1989.
C’est l’une des obsessions allemandes. Ici, on ne parle pas de Berlin ni du Mur, pas de clichés classiques de foules en liesse debout sur le Mur, de Trabi vert caca d'oie ou de jeunes Pionniers. Ici il est question de la liberté d’expression et des conditions de création d’un même peuple, partageant la même culture et la même histoire, mais brutalement soumis à deux modèles politiques en parfaite opposition idéologique. 
Qu’ont en commun les peintres ou sculpteurs Ouest-allemands (qu’on dit libres de penser et de créer) et leurs homologues Est-allemands (qu’on dit opprimés par la propagande) ? C’est l’éternelle opposition d'Abel vs. Caïn, « Abstraction internationale » à l’Ouest vs. « Réalisme socialiste » à l’Est. La vérité, c’est que l’histoire de l’art allemande après 1945 est bien plus complexe et nuancée, pleine d’échanges et de contraintes des deux côtés, d’artistes au caractère fort et à la culture inflexible, mais immanquablement influencés par les régimes respectifs qui les gouvernent.
Le seul problème dans cette exposition passionante, c'est qu'elle tente peut-être un peu trop de réécrire l'histoire afin de contredire le discours traditionnel réduisant l'art de la RDA à un seul langage propagandiste. Aucun n'excès n'est bon à prendre.
Copyright :
- Gerhard Richter, Onkel Rudi, 1964
© 2009 Gerhard Richter, Courtesy of Marian Goodman Gallery, NY.
- Georg Baselitz, Der Hirte, 1965
© 2009 Georg Baselitz / Foto: Bildarchiv Preußischer Kulturbesitz, Ch. Schwager
- Jörg Immendorff, Café Deutschland I, 1977/78
© Jörg Immendorff estate / Foto: Rheinisches Bildarchiv Köln
14:03 Publié dans Expo | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, berlin, expo, mur

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