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02.02.2009

Man in the moon...

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Ca fait bien longtemps que je ne me suis pas occupée d’alimenter cette page, et il aura bien fallu un coup de cœur cinématographique pour que j’y revienne. Ce n’est pas l’envie mais la force qui m’avait désertée, une force que je cherche partout dans les exploits des autres, dans leurs rêves insensés et leur courage un peu fou.

philippe_petit_01.jpg« Ils l’ont fait parce qu’ils ne savaient pas que c’était impossible » pourrait-on dire de Philippe Petit et de son équipe de rêveurs un peu bohèmes qui se sont accrochés pendant près de six ans à la réalisation de ce que le New York Times a nommé « le crime artistique du XXè siècle ». Le documentaire tout simplement bouleversant de l’Américain James Marsh, Man On Wire (2008) retrace l’exploit du petit français qui voulait se faire le World Trade Center, en 1974, à une époque où bien que la sécurité à l’entrée du bâtiment ait rendu la chose illégale mais surtout « infaisable », on pouvait encore se permettre de tenter des exploits magiques sans aucune connotation politique, sans but raisonnable et surtout, des exploits qui ne répondent à aucun « Why ? » (allez jeter un coup d’œil à la bande annonce pour comprendre ce que je veux dire…).

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C’est sublime d’abord d’un pur point de vue esthétique : parce que ce corps frêle qui se balance à 430 mètres du sol, suspendu entre les deux mastodontes d’acier et de verre sur un fond de baie de Manhattan, enveloppé de sa pâleur diaphane et de ses cheveux blond-roux, Pierrot complètement barré qui n’obéit qu’à son envie inexplicable de répondre à la puissance par la grâce, donne le tournis et un vertige savoureux.

Ensuite, plus que le récit d’une aventure provocante et idéaliste, c’est surtout la figure d’un artiste hypnotique qui est dessinée : son équipe le suit partout, l’admire, le déteste et répond à ses désirs en prenant le risque clair de le faire mourir sur sa demande. 30 ans après, ses compagnons d’armes ne peuvent encore pas retenir leurs larmes en évoquant ce qui leur semble la plus belle chose qu’ils aient vue de leur vie. Toute une équipe pour un unique performer, hors-normes, étonnant et dangereux parce qu’il semble avaler un peu du destin des autres.

petit1-779496.jpgEnfin, et on ne peut pas le passer sous silence, c’est un peu un hommage rendu aux deux tours disparues, parce que comme Philippe Petit les a aimées d’une passion déraisonnable, on est forcément, nous spectateurs, attrapés par cet amour. Sa folie est largement contagieuse. C’est l’histoire d’un gars qui ne comprenait pas le rationnel et en tirait de la beauté. C’est l’histoire d’un temps où la sécurité n’était pas encore une valeur côtée en bourse, où, au moins, on pouvait encore se jouer d’elle pour inventer du magnifique.

toutes les photos : ©2008 Jean-Louis Blondeau / Polaris Images

PS : Cliquez sur les images pour les agrandir.

12:49 Publié dans Film | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires

Très bel article, il était temps de te remettre à la toile pour notre plaisir ! Surtout pour nous faire partager cet élan onirique... comme quoi le XXIe siècle pourrait entrouvrir ne porte aux rêveurs et aux utopistes ! Au plaisir de te lire de nouveau

Ecrit par : Milouchka | 02.02.2009

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